Un tardigrade rosé aux huit pattes griffues flotte dans l’espace devant la courbure bleue de la Terre éclairée par le Soleil.
Illustration générée par IA

En 2007, des tardigrades ont survécu au vide spatial

Lors de la mission FOTON-M3, des tardigrades desséchés ont été exposés dix jours au vide spatial en orbite basse. Une fois revenus sur Terre et réhydratés, ceux qui n’avaient subi que le vide et les rayonnements cosmiques ont survécu aussi bien que les témoins restés au sol. L’exposition aux ultraviolets solaires, elle, a été beaucoup plus meurtrière.

Une expérience à ciel ouvert

En septembre 2007, la capsule FOTON-M3 a emporté l’expérience TARDIS sur la plateforme BIOPAN-6. Des adultes de deux espèces, Richtersius coronifer et Milnesium tardigradum, ont passé dix jours en orbite basse, entre 258 et 281 kilomètres d’altitude.

Placés à l’extérieur de la capsule, ils ont été répartis en plusieurs groupes : vide spatial seul, vide avec une partie des ultraviolets solaires, ou vide avec le spectre ultraviolet complet. Tous recevaient aussi les rayonnements ionisants présents en orbite.

En pause sèche

Avant le vol, les tardigrades avaient été desséchés. Dans cet état d’anhydrobiose, leur métabolisme devient presque indétectable et leur corps se contracte : ils ne vivent donc pas normalement dans le vide, mais traversent une période hostile en état de dormance.

Au retour, les chercheurs les ont réhydratés puis ont suivi leur réveil, leur survie et, pour certains groupes, leur capacité à pondre et à produire des œufs viables.

Le vide n’est pas le Soleil

Le résultat le plus frappant concerne le groupe exposé au vide sans ultraviolet solaire direct : son taux de survie après réhydratation ne différait pas de celui des témoins au sol. Des œufs exposés au vide ont également éclos à un taux comparable aux témoins.

Mais les ultraviolets changent le tableau. L’exposition aux UV-A et UV-B a réduit la survie, et le spectre solaire ultraviolet complet a tué presque tous les animaux. Quelques individus de Milnesium tardigradum ont néanmoins récupéré après cette combinaison extrême.

Ce que l’expérience ne dit pas

Cette expérience ne montre pas que les tardigrades peuvent habiter l’espace, ni qu’ils résistent indéfiniment à toutes ses agressions. Il s’agissait d’une exposition de dix jours, en orbite terrestre basse, sur des animaux préalablement desséchés, puis réhydratés dans des conditions favorables.

Elle démontre plus précisément que certains tardigrades peuvent survivre temporairement au vide spatial et aux rayonnements cosmiques associés. Leur résistance au rayonnement solaire direct reste limitée : survivre au vide et survivre au plein Soleil sont deux épreuves différentes.

Sources et crédits

Visuel : Illustration générée par IA (Codex, outil image_gen) pour Les petits détours, Usage éditorial — Les petits détours.

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